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LES GAITES DE LA RAMPE

C'est Miss Helget qui a commencé à
moins que ce ne soit Joséphine vendue par
ses soeurs; ça se perd dans la nuit des temps.
Toujours est-il que l'opérette moderne, eu robe de
ville, on redin gote, habit,
smoking ou
veston,
corn
menée à deve
nir un genre
quelque peu
fossile et démodé. Cela n'aura
pas duré trop longtemps heureusement.
L 'Enlèvement
de la Toledad
malgré le succès que lui vaudront encore sa musiquette assez avalable, la verve de M me Simon-Girard, l'amusant baragoin deM me Maurel, les jambes de M lle Burty et le gâtisme
polichinellesque de
M. Lamy, peut être
considéré comme
une des dernières de la série. Ainsi jadis quelque Cœur et la Main, quelque Jour et la Nuit, terminè
rent assez brillamment la carrière de l'opérette à travestis.

C'est en l'honneur de ces funérailles pro
bables que nous donnons un ensemble de


croquis de Lebègue où l'on retrouvera quelques-uns des types les plus saillants de la pièce.
"Ah ! ah ! comme c'est bien espagno l! comme c'est espagnol !" Ça se chante du
moins. C'est tellement espagnol- qu'à la longue, à force d'entendre baragouiner les
personnages avec une connaissance insuffisante de l'accent, on finit par se persuader que ça se passe entre Auvergnats, et qu'on entend fouchtra au lieu de c aramba.
Les interprètes se donnent 'ailleurs beaucoup
de mal pour
tirer parti
de cette
opérette
qui n'est ni
véritablement mondaine,

ni véritablement espagnole,
ni tout à fait gaie, ni tout
à fait triste. Le public,
plein de bonne volonté, salue
au passage les mots auxquels les soirées parisiennes lui ont dit qu'il fallait rire.
Les vieilles connaissances, ça fait toujours plaisir à retrouver.
Il y a bien aussi, par ci par là, quelques petites invraisemblances de détail : le Petit-Tonnelier, par exemple, arrivant dans sa
villa, une forte valise
à la main.
Est-ce que
ea se
passe réelle
ment comme ça dans
le grand monde?
Il est vrai que ce petit tonnelier, vané, pané et peu généreux, a
probablement tenu à transporter ses bagages lui-même. Met
tons cela sur le dos de la convention théâtrale, un
bon dos, qui en a vu bien d'autres.
La scène où un huissier « qui vient saisir le mobilier » est invité à trinquer avec les convives est également d'une vraisemblance douteuse, bien qu'assez gaie. Si l'on avait affaire à un huissier de haute fantaisie, avec un chapeau à plumes, des bottes en trom blon, un pourpoint de satin vert et une plume de paon derrière l'oreille, on ne son gerait pas à l'invraisemblance.
Sans doute, l'opérette d'Hervé avait quel ques rides, et une chevelure pas mal poivre et sel. Mais il y aurait peut-être moyen de renouveler la coupe de l'opérette sans aller chercher ce rajeunissement dans le natu ralisme. C'est, en
somme, à ce résul
tat qu'ont abouti les théories théâtrales
d'Emile Zola.
On voulait de la
vie réelle, des vrais huissiers, dos vrais
Espagnols, des vrais noceurs,
- et voilà
le produit!
Ce ne sera peut- être pas neuf d'en
revenir à la vieille folie à costumes carnavalesques, mais cela laissera à l'esprit une impression moins déconcertante que celle
qu'on éprouve à entendre des gens vêtus comme vous et moi (je ne parle pas des Espagnols de la troupe Maracona, s'inter-
rompre de parler pour chanter des romances et des duos.
Là-dessus excusez ce petit accès de mauvaise humeur, mais nous ne pouvons supporter les redingotes à musique.
Marquis DE MORES-RIDENDO












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